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Le cartable solaire 100% made in Côte d’Ivoire qui change la vie à de millions d’enfants

Le manque d’électricité dans les zones rurales de Côte d’Ivoire rend parfois difficile l’éducation des enfants lorsque le soleil est couché, faute de lumière. À cette équation, notre Observateur en Côte d’Ivoire a trouvé une réponse : il crée des sac à dos munis de panneaux solaires, qui permettront d’alimenter une lampe pour continuer d’étudier une fois la nuit tombée.
L’électrification de l’Afrique est un thème qui mobilise de nombreux acteurs, de la Fondation Énergie lancée par Jean-Louis Borloo en passant par le projet « Énergie pour l’Afrique » présidé par le chef d’État guinéen Alpha Condé. Les rapports de l’ONU estiment que 700 millions d’Africains n’ont toujours pas accès de manière régulière à l’électricité, la plupart du temps, dans des zones reculées. Parmi les proposition évoquées, l’équipement en lampe solaire des populations rurales est une solution avancée notamment dans les rapports de la Cédéao (la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest).

Notre Observateur, Evariste Akoumian, a créé un cartable composé d’un petit panneau solaire relié à une lampe. En portant son cartable sur le dos sur le chemin de l’école, l’enfant permet à la batterie de se recharger. Il dispose ainsi d’une lampe branchée par un port USB sur la source d’énergie et peut donc étudier, si nécessaire, après le coucher du soleil.

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À vide, le cartable pèse seulement 350 grammes.

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Le dispositif d’une lampe USB offre une autonomie allant jusqu’à 5 heures.

 

« En zone rurale, lorsqu’un enfant rentre de l’école, il n’a plus qu’une heure pour étudier à la lumière du jour »

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Evariste Akoumian est le concepteur de ce sac à dos, qu’il a baptisé « Solarpak ».
Je travaille dans une société de livraison de matériel informatique. Au cours de mes déplacements, j’ai remarqué que la plupart des ménages dans les zones rurales ivoiriennes ne disposent souvent que d’une lampe-tempête [une lampe à pétrole] pour une famille pouvant aller de cinq à dix personnes. Et évidemment, ce sont les parents qui monopolisent cette source de lumière à la nuit tombée.
Un enfant finit l’école à 16h30. En septembre, pour la rentrée des classes, le soleil se couche aux alentours de 18 h. Le temps de rentrer chez lui, il reste au mieux à l’enfant une heure pour étudier à la lumière du soleil. Ce ne sont pas des conditions optimales pour progresser. Je trouvais ça injuste que ces enfants n’aient pas les mêmes chances que ceux qui étudient dans les grandes villes.

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« J’ai déjà offert 200 cartables dans des villages ivoiriens »
Je me suis dit que la solution devait venir d’un objet qui pourrait apporter de la lumière sans effort particulier, sur le chemin de l’école par exemple. L’idée du cartable avec panneau solaire s’est donc imposée [des projets de cartables solaires similaires existaient déjà en Afrique du Sud ou au Togo, NDLR]. En une journée, le cartable chargé en électricité permet d’avoir une autonomie de 4 à 5 heures pour la lampe torche.
J’ai investi 32 millions de francs CFA de ma propre poche pour ce projet (environ 48 000 euros), ce qui m’a permis d’avoir 500 cartables tout équipés. J’en ai offert 200 dans des écoles des villages d’Afféry et Songon [dans le sud du pays, non loin d’Abidjan], des endroits où il manque d’éclairages publics.
« Avec un peu d’aide, je pourrais créer jusqu’à 100 emplois autour de ce projet »
Evariste n’a jusqu’ici pas trouvé de sponsors pour son projet, même si l’Ambassade des États-Unis en Côte d’Ivoire a relayé son initiative. Pour des raisons de coûts, il importe les sacs et les petits panneaux solaires d’Asie qu’il assemble en Côte d’Ivoire. Une méthode qu’il espère temporaire :
Pour l’instant, dix personnes travaillent sur le projet, j’en paye certaines, d’autres sont bénévoles. J’ai l’espoir dans quelques mois de pouvoir fabriquer ces cartables en Côte d’Ivoire, ce qui me permettrait d’embaucher entre 50 et 100 personnes. Je souhaite développer des partenariats avec les écoles et des ONG pour offrir le maximum de cartables. Pour ceux qui seront commercialisés, je me suis promis de ne pas dépasser les 10 000 francs CFA (15 euros) l’unité.
Je cherche aujourd’hui des partenaires pour nous aider dans la production et pourquoi pas aussi fournir ces cartables dans des pays voisins au Mali, au Sénégal ou au Niger, où les problématiques dans les zones rurales sont les mêmes qu’en Côte d’Ivoire.

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